Les catalogues ManuFrance

Rapide présentation

J’aime bien les catalogues Manufrance. Feuilleter mes catalogues, c’est un peu comme me balader dans un cabinet de curiosités. Mes catalogues ne sont pas trop anciens. J’en ai 3: Années 1956, 1959 et 1972.
Manufrance, à la fin des années 1950, c’était vraiment quelque chose ! D’après Wikipedia, c’est à partir de 1973 que l’entreprise a commencé à décliner. En 1973, il y avait 64 magasins en France et la société produisait 80000 fusils par an, employait 4000 personnes et ses usines représentaient 125 000m2.

Manufrance - Bâtiment principal
Manufrance – Bâtiment principal

Mon plus ancien catalogue (1956) regorge de pépites sorties d’un concours Lépine ou bien d’articles qui nous semblent à des années-lumières de nos préoccupations actuelles ! Quelques photos au début du catalogue montrent le magnificence des usines et des magasins Manufrance, ce sont les seules photos du catalogue. Toutes les autres illustrations sont de fidèles dessins. La couleur est quasi-inexistante: Elle n’apparaît que sur quelques dessins “de mode”.

Manufrance – Services commerciaux et techniques
Les ateliers Manufrance
Les ateliers Manufrance
Les façades des Maisons de vente

Les grandes sections du catalogue

1- Les armes de chasse et de tir

C’est le coeur de l’activité de Manufrance, ce par quoi la Maison a débuté. dans le catalogue 1956, la section chasse comprend 95 pages … Des armes aux munitions en passant par la santé du chien de chasse. Les vêtements ne sont pas dans cette section. La section regorge d’articles à vendre mais aussi de conseils sur la chasse.

Quelques conseils de tir

Evidemment, certains articles prennent à sourire de nos jours…

Pour la chasse coloniale ... La nuit
La chasse coloniale …
Et la chasse aux fauves …

2 – Les cycles et motorisés

Manufrance Vélorobot Hirondelle
Manufrance Vélorobot Hirondelle

Manufrance c’était aussi une manufacture de cycles et de vélomoteurs. Les célèbres cycles “Hirondelle” sont déclinés en scooters et vélomoteurs et même motocyclettes.

3 – Les machines à coudre “Omnia”

Manufrance - Machine à coudre Omnia
Manufrance – Machine à coudre Omnia

Tant qu’a avoir les machines pour fabriquer des objets de précision comme des armes, Manufrance proposait aussi des machines à coudre et les meubles qui vont avec…

4 – Habillement

Manufrance – Costumes de ville

Pour la section habillement, le catalogue est moins fourni que celui d’un La Redoute ou autre. Le textile n’est clairement pas la force de Manufrance. Les habits proposés sont plutôt du style utilitaires (chasse, sport). On y trouve également quelques costumes (mais attention, la page n’est même pas en couleur…). A signaler l’existence d’une page de sous-vêtements homme mais rien pour les femmes (Les articles pour femmes sont par ailleurs inexistants au rayon textile, si ce ne sont quelques imperméables…)

5 – Et le reste…

Le reste du catalogue (qui fait quand même près de 600 pages) est un véritable inventaire à la Prévert. Les articles de camping, de pêche, de joaillerie, d’horlogerie, d’optique, de vaisselle, de parfumerie, de tissus, de postes de TSF…

Manufrance - Poste de TSF
Manufrance – Poste de TSF

J’admire toujours le soin donné aux représentations graphiques des produits… Toutes les pages sont richement illustrées comme celle ci-dessous:

Manufrance - Verrous de sûreté
Manufrance – Les illustrations

Pour terminer…

Nul doute que l’on trouve encore dans les greniers de tels témoignages d’un passé pas si lointain… Au plus fort de sa popularité, le catalogue Manufrance était distribué à 1,5 millions d’exemplaires. Si vous avez, gardez les à portée de main, c’est toujours un émerveillement et une source de découverte tellement ces catalogues fourmillent de petites choses. Pour ma part, j’avais acheté les miens au bouquiniste, Cours de la République… Un magasin où j’adorais flâner !

Pour l’anecdote, j’avais vu sur Canal+ (aux grandes heures de Gildas), une présentation par Jérôme Bonaldi d’un papier toilette reproduisant des articles du catalogue Manufrance. J’avais trouvé l’idée excellente pour toujours avoir un peu à lire aux toilettes … je n’ai pas retrouvé trace d’une tel produit sur le web.

De la cassette audio à l’iPhone

C’est allongé dans une chaise longue, sur le balcon, les AirPods (pro !) vissés dans les oreilles que des bouffées de nostalgie me reviennent parfois. T’as remarqué comme la musique est propice à faire remonter des souvenirs enfouis au plus profond de ton bac à sable perso ? Et là, j’écoute les Beatles, l’album « Help ! », une vieille connaissance… Bien avant de sombrer dans les univers de Louis-Ferdinand Thiéfaine et d’Hubert-Felix Céline d’une adolescence enfumée, je découvrais les Beatles. J’avais neuf ans. J’étais en CM2. C’était presque hier… Mes parents (mais j’imagine que c’est plutôt sur l’impulsion de mon Papa) avaient acheté un magnétophone à K7 Philips.

Un petit machin dans une sacoche en skaï, pas stéréo (à l’époque, de toute façon, la stéréo, j’ignorais ce que c’était, je l’ai découvert 2 ans plus tard), pas auto-reverse, un truc avec un micro externe. Je me souviens du premier soir à la maison: Pouvoir écouter sa voix provenant d’un appareil, c’était un peu magique. Nous étions, mon frère et moi comme deux petits kenyans à qui l’on montre la photo numérique que l’on vient de prendre. De mémoire, mon Papa avait acheté deux K7 enregistrées: « Help ! » et un best of de Jean Claude Borelly (celui qui jouait Dolannes Melodie, gros succès de l’époque). La K7 des Beatles, je crois que je l’ai usée… Je ne comprenais rien à l’anglais, les paroles n’étaient écrites nulle part mais c’était la première fois que je pouvais écouter des chansons comme je voulais (ou presque, il fallait quand même rembobiner la K7 pour re-écouter, et ça, c’était super long…).

Toujours est-il que ce magnéto , il a fait du chemin. Mon Papa avait installé un système permettant de le brancher sur un haut parleur dans la GS familiale (une Citroën, une vraie de l’époque où l’on pouvait changer ses ampoules de phares sans envoyer chier la terre entière). Ainsi, nous sommes partis visiter une bonne partie de l’Europe (jusqu’en Cappadoce, en Turquie: A quatre dans la voiture, en camping et sans galerie, un authentique exploit … Avec le recul, je me demande si mes parents n’étaient pas un peu fous !). Avec quatre ou cinq K7 dans la voiture, nous étions loin d’Apple Musique ou de Spotify qui “offrent” le streaming sans lequel je me sens tout nu ! Et dans tous ces morceaux, je te le donne en mille, « Help ! », que je connais à un point que je pense qu’il est associé à mon ADN. Il est loin le temps de la K7 audio… Je ne regrette rien, en plus de 45 ans, la technologie a évolué d’une manière foudroyante et plutôt dans le bon sens… Non, ce que je regrette, finalement, c’est que c’est presque trop facile maintenant ….

Ce texte est dédié à mes Parents ♡

Le tour de la France par deux enfants (1957)

Une bonne surprise que cette très ancienne série française. D’accord, un peu vieillotte (1957), en noir et blanc et format 4/3 mais bon, c’est l’époque.

Cette série compte 39 épisodes. Le premier nous présente deux enfants (15 et 7 ans) arrivant au Havre en 1956 en provenance du Canada. Ils ne sont pas accompagnés et doivent retrouver un membre de leur famille au départ du Havre…

Une voix off omniprésente et quelques dialogues post-synchronisés, en matière de jeu d’acteur, c’est très limité. Mais ce n’est pas là qu’est le charme de cette série. Une vision du Havre juste après la reconstruction. Une ville qui n’a pas beaucoup changé depuis (dans son hypercentre Perret).

Bien sûr, quelques moeurs de l’époque en matière de sécurité routière, de non-prévention du tabagisme et d’uniforme de police…

Une leçon de morale bien 1950 pour chaque épisode (mais je ne suis pas contre le retour de la morale à l’école…)

Tout le charme d’une époque (que je n’ai pas connue !).

Souvenirs du Havre (et pas que …)

Je me souviens …

– De ma première montre, une Kelton avec un bracelet en plastique et dont le cadran brillait dans la nuit. A l’époque, on n’imaginait pas mettre une pile dans une montre. De nos jours, je suis toujours adepte des montres sans pile.

– De la crème Mont Blanc au goût Truffon. J’en ai mangé des kilos …

– De mon premier walkman à cassette, un Brandt sur lequel j’avais mis un casque Sony pour me la péter.

– Du Mammouth où l’on m’avait acheté mon premier vélo de course,un Stablinsky bleu.

– D’avoir été arrêté par la police pour défaut d’éclairage avec mon vélo alors que c’était limite question jour …Maintenant on peut circuler de nuit sans éclairage et en toute impunité: Je vois ça tous les jours !

– De la Fiat 124 rouge Spéciale T de mon Papa, la même que celle de Jean-Paul Belmondo dans « Le Casse » (mais Papa ne descendait pas les escaliers avec !)

– De l’Audito où l’on pouvait écouter des disques au sous-sol; d’un vendeur qui s’appelait Alain (avec les moustaches). J’adorais l’atmosphère feutrée et luxueuse (pour le matériel HIFI) de ce magasin unique au Havre et jamais reproduit.

– De la première fois où j’ai mis un casque audio sur les oreilles, à l’Audito, justement.

– Du bar « La chope d’or » où j’ai passé des après-midi enfumés.

– Des tickets de quai payants quand on accompagnait quelqu’un au train (quelle connerie !)

– De la piste de skate de la plage avec les éléments en résine.

– Du bus qui montait la rue des Aubépines quand il y avait de la neige. On se marrait comme des fous avec mon frère à le voir patiner!

– De la librairie Vincent où j’ai passé des bons moments et claqué plein d’argent.

– Des Nouvelles Galeries avec la passerelle pour passer d’un bloc à l’autre.

– Du magasin Sport House (rue du Président Wilson) où l’on achetait à prix d’or Skateboarder Magazine en import des US.

– Du France qui faisait partie du paysage portuaire.

– Des descentes en skate sur le trottoir du boulevard Albert 1er.

– De la brasserie de l’esplanade Niemeyer (on appelait ça le forum Niemeyer). Il y avait un piano et toujours plein de monde.

– Des nuits cinéma organisées par la Maison de la Culture. Il y avait au moins 5 films d’affilée sur un même thème. Ca se terminait à 4 heures du matin. La nuit Hitchcock, La nuit des vampires et j’en oublie …

– Du magasin Boka où j’accompagnais parfois ma Maman. Les mannequins femmes étaient des modèles réduits d’un peu plus d’un mètre mais super bien faits.

– Du Petit Paris et du Petit Vélo Rouge, deux magasins cultes. Mon préféré c’était le Petit Vélo Rouge: Pour un gamin, c’était la caverne d’Ali Baba avec une odeur de vieilles choses qui m’enchantaient. C’était le précurseur de nos solderies, boutiques où je ne mets jamais les pieds d’ailleurs.

– De la foire Saint Michel le long du Cours de la République.

– De la compagnie Normandy Ferries avec leur bateaux bleu clair, mon premier voyage en Angleterre…

– Du cinéma le Kursaal au bout de la rue de Paris.

– Du Bouquiniste au Rond Point où pour « presque rien » on repartait avec plein de trucs à lire.

– Des « Dossiers de l’écran » le mardi soir.

– Du cinéma le Rex (maintenant Darty) où le dernier film que j’y ai vu était “Skateboard”.

– Des premiers terminaux de consultation de la bibliothèque municipale avec le système Tobias.

– De la tarification des bus où, selon la distance, il fallait utiliser 2, 3 ou 4 petits tickets pliés …

– De la série Cosmos 1999 qui passait sur la première chaîne dans « Samedi est à vous » avec Bernard Golay.

– De la papeterie Ferry le Pierres du Rond Point et de leur rayon micro informatique au premier étage. Les premiers échanges de disquettes d’Amstrad piratées …

– Des concerts de Juin dans la rue qui attiraient un monde fou et aussi de la venue de Johnny Clegg à la Porte Océane.

– De la section Disques de la bibliothèque où il fallait ramener périodiquement son diamant pour contrôle !

– De l’opération commerciale à Coty avec la venue du skater José De Matos (quel nom prédestiné) qui représentait la marque Banzaï (en vente au magasin La Hutte) … Mais nous on préférait Alexis Lepesteur !

– Avoir vu creuser les tunnels du Rond Point, ceux-la même que l’on a  remblayés pour y faire passer le tramway.

– Des descentes du tunnel Jenner en skate, ça se terminait avec les roues toutes noires.

PS: Oui oui, c’est moi sur la photo … A la “piste de skate” comme on disait …